Le 4e plan de santé environnement actuellement soumis à consultation publique

Particulièrement attendu en pleine période de pandémie, le quatrième plan national santé environnement a été présenté le 26 octobre dernier par le gouvernement pour la période de 2020 à 2024.

 

La France, avec ce quatrième plan national santé environnement, souhaite s’engager dans une approche intégrée et unifiée de la santé publique, animale et environnementale autour du concept «un monde, une santé» ou «One Health».

Le PNSE élaboré par les Ministères de la Santé et de la Transition écologique a pour but de mieux protéger les citoyens des effets de leur environnement sur leur santé. Les risques concernent autant la pollution de l’air, de l’eau et des sols que l’exposition aux produits chimiques dangereux, aux champs électromagnétiques ou encore au bruit. Le plan est important puisque selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), environ 15 % de la mortalité française serait liée à l’environnement au sens large (pollution de l’air, qualité de l’alimentation, mode de vie, etc.), mais cette estimation est en fait sous-évaluée puisque les données utilisées pour la réaliser datent de 2006.

Selon des études plus récentes, 67 000 personnes meurent à cause de la pollution extérieure de l’air chaque année. De plus, nombreuses maladies chroniques sont liées à l’environnement. La ministre de la Transition écologique, Barbara Pompili, a décrit le plan comme « un appel à agir sur les causes, en faisant évoluer la production et la consommation, dans tous les domaines, et sur les effets déjà survenus. La sensibilité et la vulnérabilité des populations à l’environnement sont en effet déjà palpables »

Le plan est décliné en quatre grands objectifs et 19 actions.

  1. S’informer sur l’état de mon environnement et les bons gestes à adopter 
  2.  Réduire les expositions environnementales affectant notre santé 
  3.  Démultiplier les actions concrètes menées dans les territoires 
  4.  Mieux connaître les expositions et les effets de l’environnement sur la santé des populations

Une de ces actions est l’information. Dans cette partie, le gouvernement prévoit la création d’une application, Scan4Chem, qui expliquera comment réduire l’exposition aux ondes des appareils comme les téléphones portables tout en informant sur la qualité de l’environnement des produits. Cette application sera donc semblable au fameux Yuka.

L’action prioritaire du plan et au centre du débat public est la prévention des zoonoses, les transmissions de virus d’un animal à l’humain. Pour cela, les ministères prévoient une synergie interministérielle entre les différents réseaux de surveillance (en santé humaine, animale et environnementale). Cependant, cette action a tout de même reçu des critiques. Lylian Le Goff, de France Nature Environnement, regrette que le sujet des zoonoses émergentes n’ait pas été pris en main plus tôt. « Qui dit environnement et santé dit prévention », explique ce médecin, membre du directoire du réseau santé environnement de l’association. « Sinon, prévient-il, l’effet boomerang tombe. Cela pourrait être, par exemple, un virus mutant de la grippe qui viendrait de nos élevages intensifs de porcs ou de volailles ».

L’approche « One health » élaborée par l’OMS en 2008 prend en compte l’interdépendance des santés de l’homme, des animaux, du végétal et de l’environnement au sens large. Selon lui, cette approche doit mieux être intégrée dans les actions et « doit être un axe stratégique » en France.

Le plan ne traite pas de sujets importants et au cœur de l’actualité comme les produits phytosanitaires ou la mise en œuvre de la 5G. Les ministères arguant qu’il existe déjà des « plan dédiés » sur ces sujets.

Le PNSE traite cependant de nombreux autres sujets comme,

-le renforcement de la lisibilité de l’étiquetage des produits ménagers,

-le respect des obligations d’affichage de la présence de nanomatériaux dans les produits de la vie courante,

-la prévention aux risque liés à la lumière bleue mais aussi,

-le développement d’un urbanisme favorable à la santé…

Rappelons que le plan national santé environnement a déjà été un succès par le passé. C’est en effet grâce à lui qu’a été mise en place l’interdiction du bisphénol A – perturbateur endocrinien reconnu – dans les tickets de caisse ou de l’utilisation du perchloroéthylène – cancérigène avéré – dans les pressings.

Le plan « Mon environnement, ma santé » est mis en consultation publique jusqu’au 9 décembre pour demander l’avis des citoyens sur les différents sujets. Il devra être validé en fin d’année et mis en place dès 2021.

Sources : 

https://www.lemonde.fr/planete/article/2020/10/27/a-peine-publie-le-projet-de-plan-national-sante-environnement-est-deja-critique_6057520_3244.html

https://www.lesechos.fr/politique-societe/societe/5g-zoonoses-nanomateriaux-ce-que-prevoit-le-prochain-plan-sante-environnement-1258999

https://www.novethic.fr/actualite/environnement/sante-environnementale/isr-rse/le-gouvernement-soumet-aux-citoyens-un-nouveau-plan-sante-environnement-mis-en-consultation-149151.html

 

 

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